Nous avons choisi de parler de cette exposition que nous avons été voir ensemble et qui nous a beaucoup plu. Elle se
tenait du 4 octobre 2008 au 4 janvier 2009 au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris.
Pour la première fois en France, étaient réunis des professeurs et des élèves de la célèbre Académie des
Beaux-Arts tels que Bernd et Hilla Becher, Hans-Peter Feldmann, Gerhard Richter, Sigmar Polke et Lothar Baumgarten, ainsi que des artistes ayant élu domicile à Düsseldorf, comme Beat Streuli.
Cette ville apparaît en effet comme un centre de création à la fois affirmé et libre, où s’épanouissent des personnalités à la sensibilité et à l’esthétique variées.
Suivant une approche en séries, les photographes semblaient constamment osciller entre l’objectif et le subjectif, le réel et l’irréel. Ils traitent aussi bien de la nature que de la culture, du paysage ancestral que de l’évènement particulier, du local ou du global, de l’archétype et du portrait, allant du documentaire épuré à l’image entièrement manipulée sur ordinateur.
A la suite de Hilla et Bernd Becher, leurs élèves se sont essayés à toutes les déclinaisons du document et sont passés progressivement du noir et blanc à la couleur dans des formats de plus en plus grands. L’exposition présente l’abstraction formelle d’un Andreas Gursky, via la théâtralisation de certains aspects de l’oeuvre de Candida Höfer ou de Axel Hütte, la tradition picturale d’Elger Esser et de Simone Nieweg ou la référence à l’écran des oeuvres les plus récentes de Thomas Ruff.
Objectivités abordait les facettes souvent méconnues des premiers travaux photographiques, jalons pourtant
incontournables pour comprendre les productions plus récentes. Des séries majeures étaient ainsi présentées dans un ordre chronologique, de même que quelques photographes rarement ou jamais
exposés en France (Laurenz Berges, Klaus Mettig, Ursula Schulz-Dornburg, Katharina Sieverding, Petra Wunderlich) qui contribuent incontestablement à la richesse formelle et conceptuelle de cette
fameuse « école ».
Nous avons été séduite par un artiste en particulier, Axel Hütte.
Prises de nuit, ses photographies font apparaître au travers des effets lumineux et des formes qui se dissolvent dans l'ombre, une image latente.
Rendu miroitant par la pluie, la parvis de la Nationalgalerie de Berlin reflète ainsi l'intérieur du musée: les sièges de Mies Van der Rohe et l'installation de Jenny Holzer. L'image inverse les
rapports entre l'intérieur et l'extérieur. la photographie n'a pas été retravaillée, mais le long temps de pose adopté par l'artiste et sa technique personnelle de tirage a transformé les
écritures lumineuses de l'artiste américaines en des rayures et des halos de lumière crème.
Hütte semble ici suggérer que l'objectivité relève de l'illusion. Une interprétation très poétique qui nous a tout de suite saisie et séduite.
Voici un autre exemple:

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